Documentaire de la série « Der Osten – Entdecke wo du lebst » de la MDR
- Scénario et réalisation : Anna Schmidt et Susann Krüger
- Caméra : Simon Roloff
- Son : Franziska Linke
- Montage : Mario Biehl
UN FILM D’ANNA SCHMIDT
Wolfen, près de Bitterfeld : d’immenses halles anciennes datant de l’âge d’or des années 1920, des logos délavés, des barres de préfabriqués et des centaines d’histoires. Tout cela rappelle ORWO : « Original Wolfen ». ORWO, c’est le premier film couleur au monde, le plus grand producteur de pellicule et de fibres d’Europe, le miracle économique de la RDA. En Égypte et en Inde, on ne tournait et ne photographiait qu’avec de l’ORWO ; Hollywood même vint frapper à la porte. La plus grande usine de pellicule qu’ait connue la RDA doit son succès avant tout aux femmes de Wolfen. Ce sont leurs mains agiles qui répondent mieux que celles des hommes aux exigences du poste de travail. ORWO devint rapidement la plus grande entreprise féminine de RDA – et le resta jusqu’à la fin. Mais toutes n’étaient pas là de leur plein gré. Pendant des décennies, ORWO employa à la production des détenus des prisons environnantes. Prisonniers politiques et condamnés de droit commun trimaient à Wolfen dans des conditions parfois inhumaines. À partir de la fin des années 1960 s’y ajoutèrent les prostituées, car en 1968 la prostitution fut pénalisée en RDA et ces femmes – « hirondelles de trottoir » dans le jargon est-allemand – furent elles aussi contraintes de travailler dans les grandes usines.
Le film « Bonheur de brigade et travail forcé – Les femmes du cinéma de Wolfen » fait revivre l’histoire des ouvrières et dévoile pour la première fois les zones d’ombre d’ORWO. Les récits de ces femmes montrent ORWO comme une usine à rêves avec ses lumières et ses ombres.