Spurensuche in Ruinen: ORWO Wolfen

Recherche de traces dans les ruines : ORWO Wolfen

UN FILM D’ANNA SCHMIDT

  • Réalisation : Anna Schmidt
  • Autrice : Anna Schmidt
  • Caméra : Jens Bungies
  • Montage : Mario Biehl

Wolfen, près de Bitterfeld : d’immenses halles anciennes datant de l’âge d’or des années 1920, des logos délavés, un musée aux machines d’origine astiquées, des barres de préfabriqués et des centaines d’histoires. Tout cela rappelle ORWO : « Original Wolfen », synonyme de pellicule photo et film en RDA. Un combinat gigantesque dans le coin le plus sale de l’industrie chimique du socialisme réel. Ici, 21 000 salariés – dont 80 pour cent de femmes – produisaient des films couleur, des films noir et blanc, des cassettes audio, des bandes de pellicule, des films radiographiques, mais aussi de la viscose, des boyaux de saucisse et le cola maison de la cantine. ORWO était issue d’AGFA Wolfen, qui fabriqua en 1936 le premier film couleur au monde. ORWO disparut dans les années 1990 du siècle dernier, quelques années avant que le film couleur ne meure partout.

Aujourd’hui, l’immense terrain n’est plus qu’un seul chantier. Des 580 bâtiments qui s’y dressaient autrefois, il n’en reste qu’une poignée. La plupart des halles ont été démolies : par les femmes employées temporairement par la société de réhabilitation. L’usine compte encore aujourd’hui 750 salariés. La fin d’une longue histoire de la pellicule, commencée en 1910. Dans les années 1970, Nina Hagen fit même entrer le film couleur dans les hit-parades. Écouté à la maison sur des cassettes ORWO. Au musée du Film de Wolfen, cette histoire reprend vie. Des centaines de vieilles machines s’y trouvent, des films publicitaires sur ORWO des années 1960 y sont conservés, et des photos et bandes magnétiques attestent de ce à quoi cela ressemblait quand maman partait tôt au travail.